D’habitude, les shôjo manga, c’est simple. Vous prenez une fille, parfois pas très maligne. Vous prenez un garçon, plus malin qu’elle en général (c’est pas une obligation, mais comme c’est souvent le cas, c’est que ça doit plaire à la cible marketing). Vous les mettez tous les deux dans un collège ou plus souvent dans un lycée, vous les entourez d’amis plus ou moins intéressants. Au début, assez souvent, ils ne se plaisent pas trop, et puis, au bout d’un nombre variable de tomes, la fille commence à faire des yeux de cocker dépressif dès qu’elle voit le garçon, elle reste tétanisée quand il faut lui parler. Finalement, poussée par ses ami(e)s, elle finit par lui faire sa déclaration, et tout est bien qui finit bien. Des fois ça continue encore un peu après ; en général on allonge la sauce, en rajoutant des prétextes à l’histoire d’amour. Des fois, évidemment, ça ne marche pas du premier coup ; des fois la fille est amoureuse d’un garçon qui ne l’aime pas, et elle n’aime pas celui qui est amoureux d’elle ; mais en tout cas, une fois la déclaration faite, tout est clair, le garçon sait, la fille sait qu’il sait, y a plus qu’à attendre que la sauce prenne.Dans Lovely Complex, ça ne marche pas trop comme ça. La faute à qui ? A Ootani, qui trouve le moyen de ne pas comprendre la déclaration de Risa, alors que celle-ci était on ne peut plus claire. Mais non, Monsieur ne s’était pas imaginé qu’il était possible que Risa soit amoureuse de lui, alors malgré tous les indices dont il dispose, le fait que tout le monde est au courant, même le chien du voisin, il ne comprend pas et croit que c’est une blague. Et après ça, mis devant l’évidence, il se met à réfléchir… il prend des airs de circonstance, il pose des questions dont la réponse se trouve sous son nez… bref, pour l’instant, c’est pas très concluant.
Alors oui, bien sûr, tout ça n’est quand même pas si original que ça… bien sûr, Ootani va finir par s’apercevoir qu’il est amoureux de Koizumi, ils pourront peut-être même sortir ensemble à peu près normalement (ce qui, étant donné les spécimens en question, n’est quand même pas gagné), et tout sera bien qui finira bien. Mais pour l’instant, on apprécie la période de flottement, d’autant qu’elle n’est a priori pas partie pour durer quinze tomes, qu’il n’y a pas de triangle amoureux pénible, et que si Risa fait de temps en temps des yeux de cocker dépressif, c’est pour mieux étrangler Ootani avec son pull juste après…
Côté style, rien de bien nouveau. Lovely Complex devient une lecture sans surprises (sinon devant l’ampleur de la bêtise d’Ootani), mais ce n’est pas pour autant désagréable… pas de surprise signifie aussi, pas de mauvaise surprise, et ce tome est aussi réjouissant que les autres. D’ailleurs, c’est l’auteure elle-même qui le dit, on n’est pas là pour se prendre la tête. Alors profitez-en !
Par elynehil : (source : site akata)
