Tiens, un nouveau shôjo chez Akata, et d’une mangaka encore inconnue dans l’Hexagone. Forcément LE shôjo incontournable d’après l’éditeur. Pourtant, en feuilletant le volume, rien ne semble d’une originalité folle. Derrière le titre obligatoirement en anglais trop fashion et la couverture classique mais aguicheuse, un manga de plus nous présentant les pérégrinations sentimentales d’une victime de la vie se distinguant par un trait caractéristique : la rebel attitude, la fashion attitude, la pôvre cruche trop gentille échappée du pays des bisounours… Ici, notre héroïne est graaande. Pire, on l’associe bien contre son gré à un mec tout petit de sa classe. Trop dure la vie. Dire que le scénario de beaucoup de shôjo (la plupart de ceux qui nous arrivent en France du moins) tient sur un timbre-poste ne serait que déclamer une évidence. Mais sur ce schéma préétabli propre au genre, ce sont les variations et les partis pris de l’auteur qui font bien sûr la différence. Ne faisons donc pas de faux procès à Lovely Complex. Alors, oui, l’histoire n’est pas d’une originalité ébouriffante, c’est le moins que l'on puisse dire. Non, ni le récit, ni le dessin ne révolutionneront le genre. Pourtant, force est de constater qu’on peut sans peine classer ce titre dans la catégorie des lectures plus que sympathiques. Ce qui est en effet agréable et rafraîchissant dans ce manga, c’est la simplicité directe et efficace avec laquelle l’auteur installe son histoire et la développe. Le déroulement du récit semble naturel et réaliste car elle nous épargne les imbroglios scénaristiques bien soûlants qui ont tendance à phagocyter ce type d’œuvres dans lesquelles les manœuvres dilatoires sont légion. La mangaka soigne particulièrement ses deux protagonistes, très réussis. Leur relation est décrite avec beaucoup de sensibilité et on s’attache facilement à eux. L’auteur a en outre l’intelligence de nous présenter une héroïne déterminée, pas cruche pour un sou, dont les pensées viennent émailler le récit de petites touches d’humour bienvenu. Autre bon point, on sent que l’auteur veut prendre son temps pour faire évoluer les relations entre les personnages, évitant le cliché facile du coup de foudre tout en refusant les éternels atermoiements des quiproquos à répétition. Finalement, sous des airs de banalité, Lovely complex s’avère être un titre plein de charme qui, au-delà de la simple romance, décrit avec justesse la difficulté de s’assumer tel qu’on est dans cette période délicate qu’est l’adolescence et le poids du regard des autres qui agit comme une loupe sur les menus défauts et différences des uns et des autres. Bref, une lecture pleine de fraîcheur, idéale pour passer un très agréable moment sans se prendre la tête. Un bon titre dans la masse de shôjo médiocres qui nous submerge depuis quelques temps.Par elynehil (source : site akata)
